Fin de vie : pourquoi les mots "suicide" et "euthanasie" sont absents du projet de loi | TF1 INFO

LCI - 10/04
[VIDÉO] Le projet de loi sur la fin de vie a été présenté ce mercredi 10 avril en Conseil des ministres. Il ouvre, à de strictes conditions, la possibilité d'un suicide assisté. Mais jamais dans le texte, les mots "suicide" et "euthanasie" n'apparaissent. Pourquoi ? - Fin de vie : pourquoi les mots "suicide" et "euthanasie" sont absents du projet de loi (Politique) - TF1 INFO

Le projet de loi sur la fin de vie a été présenté ce mercredi 10 avril en Conseil des ministres.
Il ouvre, à de strictes conditions, la possibilité d'un suicide assisté.
Mais jamais dans le texte, les mots "suicide" et "euthanasie" n'apparaissent. Pourquoi ?

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Fin de vie : vers une aide à mourir en France

Le projet de loi sur la fin de vie, présenté ce mercredi 10 avril en Conseil des ministres, est un pas énorme en direction du suicide assisté. Pourtant, jamais dans le texte de loi qui sera soumis au Parlement à partir du mois de mai, les mots "suicide" et "euthanasie" n'apparaissent. Un choix délibéré de l'exécutif, arbitré directement par Emmanuel Macron, avec l'objectif premier de ne pas (trop) effrayer.

Le texte parle d'"aide à mourir". Derrière l'expression, il s'agit d'assister la personne à se donner la mort, voire d'accomplir pour elle le geste fatal si elle en est incapable. "L'aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner la mise à disposition, à une personne qui en a exprimé la demande, d'une substance létale, (...) afin qu'elle se l'administre ou, lorsqu'elle n'est pas en mesure physiquement d'y procéder, se la fasse administrer par un médecin, un infirmier ou une personne volontaire qu'elle désigne", lit-on dans le texte, auquel l'AFP a eu accès.

Les explications de Macron

Dans une interview donnée à Libération et à La Croix le 10 mars dernier, interrogé sur l'absence dans le texte des mots "euthanasie" et "suicide assisté", Emmanuel Macron s'en était expliqué, donnant ses propres définitions de ces termes : "Le terme d’euthanasie désigne le fait de mettre fin aux jours de quelqu’un, avec ou même sans son consentement, ce qui n’est évidemment pas le cas ici. Ce n’est pas non plus un suicide assisté qui correspond au choix libre et inconditionnel d’une personne de disposer de sa vie." Des définitions choisies pour ne pas créer trop d'émoi mais qui peuvent être contestées.

Elles sont un peu différentes de celles du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Il définit l'euthanasie comme un "acte destiné à mettre délibérément fin à la vie d'une personne atteinte d'une maladie grave et incurable, à sa demande, afin de faire cesser une situation qu'elle juge insupportable". Quant à "l'assistance au suicide", elle "consiste à donner les moyens à une personne de se suicider elle-même. Dans ce cas, la personne réalise elle-même son suicide en absorbant un produit létal qui lui a été préalablement délivré". L'aide active à mourir du projet de loi peut donc désigner ces deux actes.

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"Le terme que nous avons retenu est celui d’aide à mourir parce qu’il est simple et humain et qu’il définit bien ce dont il s’agit", expliquait encore le président de la République aux deux quotidiens. En faisant ce choix sémantique - "humain" - le chef de l'État rend difficile la possibilité de s'y opposer. Toujours dans cette interview, il présentait ce texte comme un "texte humaniste, qui place la dignité humaine au cœur de son projet". "Lorsqu’on vous demande si vous êtes favorable à un 'droit de mourir dans la dignité', il faut être bizarre pour s’y opposer. Je n’ai croisé personne qui veut mourir dans l’indignité." Imparable.

J.F

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